Verse goutte à goutte une solution titrante dans un bécher et observe la courbe pH = f(V) en temps réel. Choisis le couple acide/base, règle les concentrations et le volume initial, repère le point d'équivalence et la zone de virage, puis calcule la concentration inconnue — comme dans une vraie séance de TP.
Le pH (potentiel hydrogène) caractérise le caractère acide, basique ou neutre d'une solution aqueuse. Il varie généralement entre 0 et 14 à 25 °C.
On mesure le pH avec du papier indicateur, un indicateur coloré, ou un pH-mètre préalablement étalonné avec des solutions tampons de pH connu.
Une transformation chimique modélise un transfert de protons H⁺ entre une espèce acide et une espèce basique. La solution d'acide chlorhydrique et la solution de soude réagissent ensemble : on observe une variation du pH au cours du versement, jusqu'à atteindre la neutralité.
Doser une espèce chimique, c'est déterminer sa quantité (ou sa concentration) dans un échantillon. Dans cette simulation, on observe simplement comment le pH évolue lorsqu'on ajoute progressivement une solution basique à une solution acide (ou inversement) : le pH commence bas, augmente progressivement, puis fait un saut brusque avant de se stabiliser.
Une réaction acido-basique correspond à un transfert d'un ou plusieurs ions H⁺ (protons) d'une espèce acide (donneur) vers une espèce basique (accepteur), selon le modèle de Brønsted :
Dans toute solution aqueuse à 25 °C, le produit des concentrations en ions H₃O⁺ et HO⁻ est constant :
Lorsqu'on titre un acide fort par une base forte (ou inversement), la réaction support du titrage est totale et rapide :
À l'équivalence, les réactifs ont été versés dans les proportions stœchiométriques. Pour un titrage 1:1 :
Deux méthodes principales :
Un indicateur coloré est lui-même un couple acide/base dont les deux formes ont des couleurs différentes. Sa zone de virage doit contenir le pH à l'équivalence pour donner un repérage correct.
| Indicateur | Zone de virage | Couleurs (acide → base) |
|---|---|---|
| Hélianthine | 3,1 – 4,4 | Rouge → Jaune-orangé |
| BBT | 6,0 – 7,6 | Jaune → Bleu |
| Phénolphtaléine | 8,2 – 10,0 | Incolore → Rose/fuchsia |
Pour un couple acide/base faible AH/A⁻, l'équilibre AH + H₂O ⇌ A⁻ + H₃O⁺ est caractérisé par la constante d'acidité :
Diagramme de prédominance : si pH < pKa, l'espèce AH (forme acide) prédomine ; si pH > pKa, c'est A⁻ (forme basique) qui prédomine.
On peut aussi suivre un titrage en mesurant la conductance G de la solution, proportionnelle à la conductivité σ = Σ λᵢ·[Xᵢ], où λᵢ est la conductivité molaire ionique de l'espèce i. La courbe G = f(V) présente deux portions de droite dont l'intersection donne Véq. Il faut souvent corriger la dilution avec le facteur (V₀+V)/V₀.
Le titrage n'est pas limité à l'acido-basique. La même logique (réaction support totale, rapide, unique, et relation à l'équivalence) s'applique aux :
Dans tous les cas, la relation à l'équivalence générale s'écrit, pour une réaction a·A + b·B → produits :
Au voisinage de la demi-équivalence, le mélange AH/A⁻ en proportions comparables forme une solution tampon : son pH varie peu lors d'un ajout modéré d'acide, de base, ou par dilution.
Au lycée, on est amené à estimer l'incertitude sur Véq (lecture de burette, précision du pH-mètre) et donc sur la concentration calculée CA = CB·Véq/VA, en utilisant la propagation des incertitudes relatives :